On imagine souvent l'intrusion par effraction. En réalité, la porte la plus empruntée par une personne non autorisée reste celle que quelqu'un lui a tenue ouverte.
La porte qu'on tient par politesse
Le phénomène a un nom : le talonnage. Quelqu'un arrive juste derrière un salarié, les bras chargés ou le téléphone à l'oreille, et entre avec lui. Personne n'ose demander un badge : ce serait impoli.
C'est précisément pour cela que la maîtrise des accès est d'abord une question de culture, avant d'être une question de matériel.
Savoir qui est dans vos locaux
Une question simple permet de mesurer où vous en êtes : à un instant donné, pouvez-vous dire qui se trouve dans vos locaux ? Si la réponse est non, quelques mesures changent déjà beaucoup :
- Un accueil identifié, même modeste, par lequel passent tous les visiteurs.
- Un registre des visites : nom, société, personne visitée, heures d'arrivée et de départ.
- Un badge visiteur visible, rendu en sortie.
- Des visiteurs accompagnés au-delà des zones d'accueil.
- Une gestion stricte des badges et des clés : qui les détient, et que se passe-t-il quand quelqu'un quitte l'entreprise ?
Les moments à risque
Les failles apparaissent rarement aux heures de pointe. Elles se logent dans les moments de transition : livraisons, interventions de prestataires, ménage en dehors des horaires, portes de secours calées pour aérer, pauses cigarette par une sortie arrière.
Une porte de service ouverte pour cinq minutes l'est souvent pour toute la journée.
Contrôler sans entraver
Une mesure de sûreté qui gêne trop le travail finit toujours contournée. L'objectif n'est donc pas de tout verrouiller, mais de définir des zones (accueil, bureaux, zones sensibles) avec un niveau de contrôle adapté à chacune.
C'est l'un des quatre temps de la session de sensibilisation proposée aux entreprises : comprendre qui entre, par où, et comment le contrôler sans bloquer l'activité.
Par où commencer ?
Faites le tour de vos locaux comme le ferait un inconnu : par où entrez-vous, qui vous arrête, jusqu'où pouvez-vous aller ? Ce simple exercice est souvent très instructif. Un audit de sûreté le formalise et vous donne une liste de mesures priorisées.
Chaque situation est particulière. Pour un conseil adapté à la vôtre, parlons-en.